élevage ânes et production lait
Une des premières choses qui m’a attirée quand je me suis penchée sur l’activité de production de lait d’ânesse, c’est le lien avec la nature et le respect de l’animal. Critères plus qu’indispensables pour moi.
À l’Asinerie, il est prévu de s’adapter aux besoins de nos ânes, et non de les adapter aux nôtres.
Concrètement comment nous adaptons-nous à leurs besoins ?
- Une vie au pré, en troupeau, en s’adaptant le plus possible à l’âne (qui n’est pas un cheval rappelons-le !). Ça veut dire un accès à de la nourriture adaptée (paille d’orge à volonté pour les besoins en ligneux, pâturage au fil pour contrôler l’apport d’herbe souvent bien trop énergétique pour nos ânes originaires de zones désertiques), des abris et des clôtures adaptés, des zones stabilisées, des parages réguliers et adaptés aux ânes…
- Une (quasi) autonomie alimentaire sur la ferme, afin d’assurer à la fois quantité et qualité de la nourriture de mes animaux.
- Une vraie vie d’âne également pour les reproducteurs : saillie en liberté, vie en harem, baudet (le mâle reproducteur) jamais seul, temps de repos entre les gestations pour les ânesses…
- L’ânon, toujours en premier ! Donc on ne commence pas à traire sa maman tant qu’il n’est pas prêt à laisser un peu de lait (concrètement ça veut dire attendre plusieurs mois entre la naissance et le début de la traite). Pas de séparation de l’ânesse et de son petit comme on le voit dans les élevages laitiers plus classique (pas bête l’ânesse, dans tous les cas elle couperait son lait si on lui enlevait son bébé !). Vie en troupeau avec d’autres jeunes et des moins jeunes pour apprendre au contact des camarades. Pas de sevrage trop tôt et présence d’au moins un « tonton » ou une « tata » dans les troupeaux de jeunes, toujours pour profiter de cette éducation indispensable à nos petits.
- Et bien sûr ce qui me semble évident : un débouché réfléchi pour les ânons ! Les petites restent à la maison ou vers d’autres élevages. Les mâles sont castrés, éduqués et préparés pour accompagner des professionnels (maraîchers, médiateurs, randonneurs) ou des particuliers qui souhaitent partager de beaux moments avec un compagnon à longues oreilles !
- Enfin une traite toute en douceur, à la main. Moment de partage privilégié avec nos ânesses pour récupérer ce bel or blanc qu’elles nous offrent.
La sauvegarde d'une race locale menacée, l'âne bourbonnais
A l’Asinerie d’Eldamar, j’ai fait le choix de participer à la sauvegarde d’une race locale très menacée, l’âne bourbonnais. Tombée sous le charme de ce bel âne, de sa polyvalence et touchée par sa précarité, cela m’a semblé une évidence.
L’âne bourbonnais est à très faible effectif, avec une vingtaine de naissances annuelle.
C’est un âne de taille moyenne (entre 1m20 et 1m35), bai (couleur marron avec crinière sombre) et possédant une croix de St André, ce marquage distinctif qui court le long de son dos et de ses épaules.
Il est très polyvalent. Sa taille moyenne, sa force, son calme tout en conservant une belle énergie et un bon pas en font un compagnon de travail ou loisir idéal. Randonnée et portage, balade, traction, attelage, médiation… rien ne lui résiste !
A l’Asinerie d’Eldamar nous prévoyons entre 4 et 6 naissances par an, une petite pierre à l’édifice pour relancer cette belle race issue du terroir du Massif Central qui gagne à être plus connue.